Les multiples avantages des cultures de couverture
Les cultures de couverture, qu’elles soient semées en intercalaire, entre les rangs d’une culture en croissance ou bien après la récolte de la culture principale protègent les sols et offrent de nombreux bénéfices agronomiques. Leur implantation contribue également à réduire l’empreinte carbone des exploitations agricole de plusieurs manières : elles captent l’azote excédentaire laissé dans le sol par les engrais minéraux (qui serait autrement lessivé ou transformé en protoxyde d’azote (N2O), un puissant gaz à effet de serre), réduisent le recours aux engrais grâce aux légumineuses fixatrices d’azote et séquestrent du carbone dans le sol en se décomposant.
Cultures de couverture après la récolte : réduire les passages et gagner du temps
Pour Christian Giroux, propriétaire de la Ferme Grand Roux, implanter une culture de couverture après la récolte de sa culture principale nécessitait deux passages au champ : un premier passage avec la déchaumeuse pour travailler le sol, et un second avec son semoir à céréales pour le semis.
À l’été 2025, afin de gagner en efficacité et ne pas risquer de manquer la fenêtre idéale pour le semis par manque de temps ou à cause de la météo, il a installé un semoir pneumatique sur sa déchaumeuse. La barre de semis a été positionnée entre les disques de la déchaumeuse à l’avant et le rouleau à l’arrière. Ainsi, en un seul passage, la déchaumeuse assure un travail léger du sol, tandis que le semoir pneumatique distribue les semences, qui sont ensuite rappuyées au sol par le rouleau pour assurer une levée uniforme.


Installation du semoir pneumatique sur la déchaumeuse.
Cette adaptation lui a déjà permis de réaliser plusieurs opérations, telles qu’un semis de pois fourrager et d’orge lors de l’enfouissement du fumier, mais aussi d’implanter une prairie directement lors du passage de sa déchaumeuse.

Cultures intercalaires : semer entre les rangs
Pour semer des cultures intercalaires entre les rangs de maïs, plutôt que d’investir dans un nouveau semoir spécialisé, ou de devoir enlever les unités de son semoir à céréales, trop lourdes à réajuster, plusieurs fois durant la saison, Christian et son équipe ont choisi de rentabiliser son semoir pneumatique en l’adaptant pour pouvoir l’installer rapidement sur son semoir à céréales. Dans ce montage, le semoir à céréales prépare le sol et le semoir pneumatique assure la distribution précise des semences dans l’entre-rang, sans abîmer les cultures existantes. Il a ainsi réalisé l’implantation de blé d’automne et de pois fourrager dans ses entre-rangs de maïs.


Installation du semoir pneumatique sur le semoir à céréales pour l’implantation de cultures intercalaires.
Quelques ajustements permettront encore d’améliorer l’alignement du semis, mais le système a bien fonctionné et sera réutilisé la saison prochaine. Cette année, c’est surtout la météo qui a limité la pleine réussite de l’implantation des intercalaires.
Une solution innovante, simple et économique pour s’adapter à la réalité du terrain
Grâce à ces ajustements, le semoir pneumatique peut être monté et démonté facilement du semoir à céréales ou de la déchaumeuse selon les besoins. Cette flexibilité permet d’introduire de nouvelles pratiques sur la ferme sans augmenter le nombre de passages ou la charge de travail. Le système répond bien aux besoins de Christian, son type de sol et ses objectifs de travail réduit du sol. Satisfait de sa première année d’essai, il prévoit déjà d’introduire de nouvelles cultures de couverture l’année prochaine!
L’expérience de la Ferme Grand Roux pourra aider d’autres producteur(trice)s à trouver des solutions simples pour adapter leur machinerie et implanter des cultures de couverture à faible coût afin de protéger leurs sols et améliorer leur empreinte carbone.
Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre
Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre est une grande démarche d’innovation portée par les Producteurs de lait du Québec (PLQ) et financée par le programme Solutions agricoles pour le climat – Laboratoires vivants d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Coordonné par Novalait, il rassemble producteur(trice)s, expert(e)s et scientifiques autour d’un objectif commun : réduire l’empreinte carbone des fermes laitières.