Existe-t-il une combinaison gagnante ?
Il n’existe pas de modèle unique de bande riveraine et il y a de multiples possibilités de combinaisons de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres. Dans sa démarche d’innovation du Laboratoire vivant – Lait carboneutre, Cynthia Coulombe a donc travaillé à identifier, avec son conseiller, les solutions d’aménagement les plus avantageuses pour assurer l’efficacité de ses bandes riveraines. Après avoir étudié plusieurs options, ils ont finalement opté pour une bande riveraine élargie de type « herbacée-arbustive » en bordure de la rivière, et de type « herbacée » le long des fossés.

Bandes riveraines au Bas-Saint-Laurent : quelles espèces privilégier ?
Bord de la rivière
Sur une largeur de 5 mètres le long d’une section de la rivière, 700 arbustes ont été implantés à la fin juin 2025 : la moitié des arbustes étaient des pimbina (viorne trilobée) et l’autre moitié des sureaux. Sous cette strate arbustive, un mélange de semences « pollinisateurs » a été semé afin de couvrir le sol. Ce mélange de fleurs sauvages vise également à attirer les insectes pollinisateurs comme les abeilles et ainsi, soutenir la biodiversité dans la bande riveraine élargie. Les espèces de fleurs composant le mélange ont été sélectionnées pour fleurir à différents moments dans l’été et ainsi, assurer une diversité de pollen tout au long de la saison.


Cynthia Coulombe et son conseiller ont fait le choix de planter des pimbinia et du sureau comme espèces arbustives dans la bande riveraine élargie de la rivière Porc-Pic.
Bord des fossés
Un des projets mené au sein du Laboratoire vivant – Lait carboneutre évalue le potentiel d’introduction du panic érigé, une graminée pérenne, en bandes riveraines. Dans deux fermes, dont une située en Estrie et l’autre en Montérégie, du panic érigé à haut rendement a été semé au printemps 2024 afin d’évaluer sa capacité à capter les nutriments lessivés et à produire une biomasse pouvant être valorisée en litière ou en fourrage. Il est en effet possible de faucher une bande riveraine, mais seulement après le 15 août et les plantes doivent avoir atteint une hauteur de 30 cm au 1er novembre suivant la fauche. Toutefois, le panic érigé est une plante de climat chaud nécessitant au moins 2200 unités thermiques maïs (UTM) et serait mal adapté aux conditions climatiques du Bas-Saint-Laurent qui dépasse rarement 2150 UTM.
Le panic érigé n’étant pas une option, l’un des défis de Cynthia Coulombe consistait à identifier des espèces de graminées adaptées aux conditions climatiques du Bas-Saint-Laurent. Elle souhaitait une plante qui performerait bien dans une bande riveraine de type « herbacée » sur le bord de ses fossés et qui pourrait être récoltée en litière, tout en respectant la réglementation en vigueur.
Avec l’aide de son conseiller, elle a opté pour l’alpiste roseau, une graminée rustique de climats frais, résistante à des conditions humides et qui offre un contrôle élevé de l’érosion grâce à son système racinaire dense. L’alpiste roseau a ainsi été implanté à la Ferme La Croisée en juin 2025 sur une largeur de 3 mètres le long des fossés.
Des résultats à venir
À l’exception des plantes du mélange « pollinisateurs » qui se sont rapidement implantées et ont fleuri dès la première année, il est difficile d’évaluer la qualité de la bande riveraine dès l’année d’implantation. Les arbustes sont encore jeunes et l’alpiste roseau peut sembler long à s’implanter puisqu’il consacre généralement la première année au développement de son système racinaire.
À la fin de saison 2025, Cynthia Coulombe a tout de même pu observer que le pimbina s’était particulièrement bien implanté dans les terres noires, tandis que le sureau semblait mieux adapté aux sols argileux.
La survie hivernale sera évaluée au printemps 2026, puis la croissance sera suivie au cours de la saison estivale 2026. Des tests de fauche seront également réalisés sur la bande riveraine en bordure de fossé en 2026 et 2027 afin de déterminer, la date et la hauteur de fauche optimale de l’alpiste roseau pour assurer l’efficacité de la bande riveraine tout en produisant une biomasse suffisante pour répondre aux besoins en litière de la ferme.



Générer des connaissances pour la ferme et la région
La démarche d’innovation entreprise par Cynthia Coulombe représente 15 hectares de terres aménagées en bandes riveraines. Elle vise non seulement à protéger ses champs et la rivière Porc-Pic, qui déborde régulièrement, mais aussi à générer des connaissances pour aider d’autres producteur(trice)s du Bas-Saint-Laurent à aménager leurs bandes riveraines.
Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre
Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre est une grande démarche d’innovation portée par les Producteurs de lait du Québec (PLQ) et financée par le programme Solutions agricoles pour le climat – Laboratoires vivants d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Coordonné par Novalait, il rassemble producteur(trice)s, expert(e)s et scientifiques autour d’un objectif commun : réduire l’empreinte carbone des fermes laitières.