La transition vers l’objectif de carboneutralité, peu importe le secteur, commence par le calcul du bilan carbone. Cette première étape permet de situer la ferme en termes d’émissions de gaz à effet de serre et de séquestration du carbone, et surtout de choisir des pratiques de gestion bénéfiques, soit des actions concrètes à mettre en place pour améliorer le bilan carbone de l’exploitation.

C’est pourquoi le Laboratoire vivant – Lait carboneutre a décidé de faire du bilan carbone la base de sa démarche scientifique.

Voici, plus en détails, comment les équipes scientifiques ont procédé pour évaluer le bilan carbone des 20 fermes participantes.

Sommaire des activités

Collecte des données auprès des producteur(trice)s, calculs et réalisation du bilan carbone initial des 20 fermes participant au Laboratoire vivant – Lait carboneutre à l’aide de quatre calculateurs

Identification des principales sources d’émission de gaz à effet de serre, de la capacité des sols à séquestrer le carbone, et des pratiques permettant d’améliorer chaque bilan

 Présentation des bilans carbone aux producteur(trice)s et proposition de pratiques de gestion bénéfiques à mettre en place dans leur ferme

Création d’un arbre décisionnel pour guider les producteur(trice)s dans leurs choix de pratiques de gestion bénéfiques

Comparaison et amélioration des calculateurs de bilan carbone

 Évaluation du bilan carbone final et des progrès réalisés

Rôles des bilans carbone dans la programmation scientifique du Laboratoire vivant – Lait carboneutre

Orienter la recherche

Le bilan carbone initial aide les producteur(trice)s à mieux comprendre les principales sources d’émission de gaz à effet de serre sur leur ferme et à réaliser qu’ils ont un rôle clé à jouer dans la transition vers l’objectif de carboneutralité. Ce diagnostic personnalisé les oriente dans le choix des pratiques innovantes à prioriser selon les opportunités d’amélioration propres à leur ferme. Il permet aussi de cibler les activités de recherche qui les intéressent, favorisant une implication active dans le Laboratoire vivant – Lait carboneutre.

Favoriser la collaboration

La collecte des données nécessaires au calcul du bilan carbone est souvent le premier contact entre les producteur(trice)s et les équipes de recherche. Ces échanges contribuent à bâtir un lien de confiance, essentiel à la démarche de codéveloppement sur laquelle repose l’ensemble des activités scientifiques.

Suivre l’évolution

À la demande des producteur(trice)s lors des ateliers de codéveloppement, un calcul du bilan carbone annuel a été mis en place sur cinq fermes pilotes. Ce suivi permettra de mieux comprendre les variations d’une année à l’autre dans les bilans carbone des fermes, qu’elles soient liées à des changements de pratiques ou aux conditions météorologiques.

Quantifier les efforts

Le bilan carbone final réalisé dans chaque ferme mesurera les effets des changements mis en place. Les résultats obtenus permettront d’identifier les pratiques de gestion bénéfique les plus efficaces pour réduire l’empreinte carbone, en prenant en plus en compte la réalité terrain des fermes étudiées. Ce dernier bilan carbone deviendra alors un nouveau point de départ pour améliorer ou implanter les pratiques à plus grande échelle, et pourra aussi inspirer d’autres fermes à prendre action pour réduire leur empreinte carbone.


Évaluation du bilan carbone des 20 fermes participantes

Collecte des données

Cette étape a commencé par une visite de l’équipe de recherche d’Édith Charbonneau (Université Laval) dans chacune des fermes participantes pour amasser toutes les données pertinentes. Afin de brosser un portrait complet de l’exploitation, l’équipe a recueilli des informations sur :

  • la gestion du troupeau;
  • les rations alimentaires;
  • les pratiques culturales;
  • la gestion du fumier;
  • la consommation énergétique.

Plus les données collectées sont précises, plus le bilan carbone obtenu est fidèle à la réalité de la ferme.

Calcul des bilans carbone

Le bilan carbone correspond à la somme des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités sur la ferme (étable, champs, fosse), moins le carbone séquestré dans les sols et les arbres.

Il existe différents outils pour calculer le bilan carbone d’une exploitation agricole. Dans le cadre de cette activité, le Laboratoire vivant – Lait carboneutre a choisi de mettre au banc d’essai quatre calculateurs différents, soit :

  • le calculateur Holos, développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada;
  • les calculateurs québécois Agriclimat et Logiag;
  • le calculateur européen Cool Farm Tool.

Chaque calculateur utilise une multitude d’équations pour transposer les données recueillies à la ferme en estimations d’émissions de gaz à effet de serre. L’objectif de cette activité n’est pas d’identifier un calculateur supérieur aux autres, mais plutôt de mieux comprendre leurs différences et, au besoin, de proposer des ajustements à intégrer aux logiciels. Ainsi, tous les calculateurs n’ont pas besoin d’être identiques, mais on s’attend à obtenir des résultats similaires et des pistes d’amélioration comparables avec les différents calculateurs.


Passer des données aux actions concrètes

Identification des principales sources d’émission

Le calculateur Holos, développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada, est le premier à avoir été utilisé pour évaluer le bilan carbone des fermes. Les résultats obtenus à l’aide de ce calculateur ont été présentés aux producteur(trice)s et à leurs conseiller(ère)s, ce qui leur a permis de constater les différentes sources d’émission et de séquestration du carbone sur lesquelles il est possible d’agir.

Certaines caractéristiques prises en compte dans le calcul du bilan carbone sont immuables (région géographique de la ferme, météo, propriétés du sol). En revanche, les producteur(trice)s ont un plus grand contrôle sur d’autres pratiques, comme la gestion des cultures, du troupeau et du fumier. Ce sont ces éléments qui peuvent devenir des leviers d’action.

Proposition de pratiques de gestion bénéfiques

À cette étape, l’équipe de recherche, le ou la producteur(trice) et ses conseiller(ère)s ne forment plus qu’une seule grande équipe. Grâce aux observations tirées du bilan carbone, ils identifient les pratiques de gestion bénéfiques à mettre à l’essai, améliorer ou intégrer à plus grande échelle à la ferme en fonction des intérêts du ou de la producteur(trice) et du potentiel de réduction des émissions ou de séquestration du carbone. Chaque année, le ou la producteur(trice) évalue les résultats obtenus et peut décider de poursuivre la pratique, d’en augmenter la superficie ou d’y apporter des modifications pour maximiser les retombées environnementales et agronomiques.

Adapter le calculateur Holos à la réalité des fermes laitières du Québec

Le calculateur Holos, par Agriculture et Agroalimentaire Canada, est l’outil le plus reconnu en recherche pour effectuer des bilans carbone. Bien qu’excellent, certaines fonctionnalités s’adaptent moins bien au système de production laitière de l’Est du pays. L’équipe de recherche du Laboratoire vivant – Lait carboneutre a donc retravaillé certaines sections du calculateur, à partir du code source d’Holos, pour intégrer entre autres :

  • l’entrée de données respectant la structure en continu d’un troupeau laitier (génisses, vaches en lactation, vaches taries);
  • les rations spécifiques par groupes de vaches;
  • le calcul des émissions à la fosse;
  • les cycles d’épandage du fumier en fonction des sorties au pâturage.

Grâce à ces ajustements, les bilans carbone obtenus sont plus représentatifs des fermes laitières québécoises.

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5 questions · 2 minutes

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