Communication et adoption des pratiques

Communication et adoption des pratiques

Identifier les meilleures pratiques de gestion bénéfiques pour les fermes laitières est une partie importante du Laboratoire vivant – Lait carboneutre. Mais pour que ce travail prenne tout son sens et contribue concrètement à améliorer la durabilité de la production laitière, il est essentiel que ces pratiques puissent être ajustées aux besoins des fermes et adoptées sur le long terme. C’est pourquoi les équipes de recherche visent à mieux comprendre comment favoriser l’adoption de nouvelles pratiques en s’intéressant de près à la réalité des producteur(trice)s.

Sommaire des activités

Perception des risques et contraintes associés à l’adoption des pratiques

Objectif : Comprendre le processus décisionnel des producteur(trice)s participants au Laboratoire vivant – Lait carboneutre en lien avec leurs choix de pratiques à la ferme et les facteurs (contraintes, freins et leviers) qui influencent leurs décisions d’adoption de nouvelles pratiques de gestion bénéfiques pour la réduction de l’empreinte carbone.

Analyse stratégique des communications

Objectif : Étudier le rôle de la communication publique dans le contexte d’innovation du Laboratoire vivant – Lait carboneutre afin de proposer des pistes pour améliorer la diffusion et l’adoption des pratiques de gestion bénéfiques.

Analyse sur les adoptants périphériques (fermes non participantes au Laboratoire vivant – Lait carboneutre)

Objectif : Échanger avec des fermes laitières situées dans les mêmes régions que les fermes participants au Laboratoire vivant – Lait carboneutre, afin d’évaluer leur compréhension du projet en tant qu’observateurs externes et de comprendre les facteurs susceptibles d’influencer l’adoption de pratiques de gestion bénéfiques à plus grande échelle.

Perception des risques et contraintes associées à l’adoption des pratiques

Mieux comprendre les représentations et les perceptions des producteur(rice)s envers les pratiques de gestion bénéfiques

Pour mieux comprendre ce qui freine ou facilite l’adoption des pratiques visant à améliorer le bilan carbone des fermes, il est essentiel d’aller à la rencontre des producteur(trice)s afin de recueillir leurs voix et s’imprégner de leurs vécu et émotions. L’équipe de recherche de Bernard Korai (Université Laval) cherche ainsi à documenter comment les producteur(trice)s perçoivent les pratiques actuelles sur leurs fermes, les changements de pratiques mis à l’essai dans le cadre du Laboratoire vivant – Lait carboneutre ainsi que les représentations que celles-ci induisent en termes de contraintes (ex. charge de travail à mettre en œuvre), freins (ex. statu quo à l’égard de l’adoption de certaines pratiques_ et risques perçus (ex. risques économiques) à l’adoption. L’équipe de recherche suivra également comment ces représentations et perceptions évoluent, du moment où une pratique est mise à l’essai jusqu’à son adoption et sa maîtrise à la ferme.

Écouter ce que chacun a à partager

Des entrevues individuelles d’une à deux heures ont été réalisées avec les producteur(trice)s pour mieux comprendre leurs représentations des pratiques actuelles ainsi que leurs perceptions des changements envisagés dans l’adoption de certaines pratiques.

Des visites directes aux producteur(trice)s sur les fermes sont envisagées afin de s’enquérir de leur expérience réelle dans l’adoption tant des pratiques expérimentales que des démarches d’innovations à la ferme promues dans le cadre du Laboratoire vivant – Lait carboneutre. Un carnet de bord, conçu spécifiquement pour le projet est également remis aux producteur(trice)s afin qu’ils y notent, tout au long du processus d’innovation, leurs impressions et leur expérience sur :

  • l’impact de la pratique sur les opérations habituelles de la ferme;
  • le temps, l’énergie et les compétences nécessaires;
  • l’accès à l’information et aux ressources en cas de questions;
  • la compatibilité de la pratique avec les objectifs de rentabilité de la ferme;
  • la perception des avantages réels en matière de réduction des émissions de carbone;
  • les émotions vécues (satisfaction, doute, déception, etc.) en lien avec l’adoption de la pratique;
  • les motivations initiales comparées à celles ressenties en cours de projet.
  • l’impression quant à la qualité de l’accompagnement technique et financier dans l’expérimentation des pratiques et l’incitation aux démarches d’innovation à la ferme

L’expérience des producteur(trice)s au service de la communication

En partageant leur expertise et leurs expériences, les producteur(trice)s du Laboratoire vivant – Lait carboneutre aident à traduire les mécanismes conscients et inconscients qui façonnent leur rapport à l’adoption des différentes pratiques de gestion bénéfiques qui sont mises à l’essai. C’est également un moyen pour eux de contribuer à identifier les moyens de communication les plus déterminants à l’adoption des pratiques, comment circulent les informations, quel(le)s acteur(trice)s sont les plus utiles à leurs décisions, et la façon dont ces informations devraient être agencées et présentées. Ces données permettront de mieux comprendre pourquoi certaines pratiques suscitent davantage l’intérêt et de développer des outils de communication adaptés. Les connaissances ainsi construites collectivement, sont plus facilement transférables à l’ensemble des producteur(trice)s laitiers du Québec, l’adoption de pratiques étant d’autant plus durable lorsqu’elles répondent concrètement aux besoins des fermes.


Analyse stratégique des communications

Les activités de recherche collaborative menées sur les fermes reposent sur une communication efficace qui permet aux producteur(trices)s, scientifiques, conseiller(ère)s et expert(e)s de travailler ensemble vers un même objectif. L’équipe d’Isabelle Paré (Université Laval), étudie le rôle de la communication publique dans ce contexte d’innovation. Elle s’intéresse notamment à :

  • l’identification des personnes qui prennent la parole et leur rôle;
  • la manière dont sont présentés les problèmes et les solutions liés à la carboneutralité en production laitière;
  • l’adaptation des propos dans différents moyens de communication;
  • la compréhension, la transformation et la réinterprétation des messages par les participants;
  • les meilleures façons de partager les connaissances pour qu’elles soient réellement utiles aux producteur(trices).

Cette recherche permettra ainsi de mieux cerner la circulation des connaissances techniques et scientifiques dans l’espace public et à analyser l’influence réciproque entre communications et participants. Elle offrira aussi un aperçu détaillé de l’environnement du Laboratoire vivant – Lait carboneutre, ainsi que des pistes de réflexion pour favoriser une conversation publique productive au sujet des pratiques de gestion bénéfiques et de leur adoption.


Analyse sur les adoptants périphériques (fermes non participantes au Laboratoire vivant – Lait carboneutre)

Connaître les besoins et les intérêts des fermes laitières

Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre ne se limite pas aux 20 fermes participantes, il cherche à faire profiter ses innovations et améliorations au plus grand nombre de fermes du Québec et du Canada. Pour y parvenir, l’équipe de Dorothé Yong Nje (Agriculture et Agroalimentaire Canada) mène une enquête auprès des producteur(trice)s laitiers des 4 régions administratives où sont situées les fermes participantes, soit le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Estrie et la Montérégie. Cette démarche vise à mieux comprendre la réalité économique et agroenvironnementale de ces fermes, et à vérifier si les pratiques mises en place par les producteur(trice)s du Laboratoire vivant – Lait carboneutre sont également adoptées par les fermes environnantes. Cinq pratiques clés ont été retenues pour cette enquête afin d’évaluer le rayonnement et la diffusion des connaissances dans chacune de ces régions :

  • Maintenir une couverture végétale dans les cultures annuelles grâce aux cultures de couvertures à la dérobée, aux cultures intercalaires et aux céréales d’automne;
  • Améliorer la productivité du troupeau par la sélection génétique, l’efficacité alimentaire et l’ajustement des rations;
  • Réduire le nombre d’animaux de remplacement;
  • Optimiser la fertilisation en appliquant le principe des 4B (Bonne source, Bon moment, Bonne dose, Bon endroit);
  • Ajuster la fréquence d’épandage du fumier

Une enquête à l’échelle provinciale

Avant de lancer l’enquête à grande échelle, une version pilote du questionnaire sera testée auprès de quelques producteur(trice)s sélectionné(e)s en collaboration avec les responsables régionaux des Producteurs de lait du Québec (PLQ) et Novalait. Ces fermes, qui ne participent pas directement au Laboratoire vivant – Lait carboneutre, permettront de valider la pertinence et la clarté des questions.

Le questionnaire sera ensuite envoyé aux fermes laitières des quatre régions administratives en question, avec l’objectif d’obtenir un nombre suffisant de réponses pour disposer de données représentatives.

Les questions porteront sur plusieurs volets :

  • Le profil de la ferme (localisation, historique, nombre d’animaux, superficies, types de cultures);
  • Les liens avec les acteurs du milieu (accompagnement par un service-conseil, connaissance du Laboratoire vivant – Lait carboneutre);
  • Les perceptions sur des pratiques de gestion bénéfiques déjà mises en place sur la ferme ou proposées par le projet (facilité ou difficulté de mise en œuvre, bénéfices économiques et environnementaux réels et perçus, freins ou levier à l’adoption);

Les données recueillies seront traitées de manière confidentielle.

Des résultats concrets pour mieux accompagner les fermes

Les résultats de cette enquête offriront aux producteur(trice)s et aux décideurs publics une meilleure compréhension des facteurs affectant l’adoption des pratiques de gestion bénéfiques.

Pour Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), les données permettront de mieux saisir la réalité des fermes laitières québécoises afin d’orienter ou adapter les futurs programmes fédéraux. Pour les producteur(trice)s, cela signifie un accès à des pratiques mieux expliquées, mieux soutenues, et à des mesures d’accompagnement plus pertinentes, pour que chacun puisse progresser vers la carboneutralité en fonction de sa réalité.


Plusieurs voix pour porter le même message

De nombreux organismes, qu’ils soient régionaux, provinciaux, nationaux ou issus du secteur privé, mènent également des actions pour encourager la mise en place de pratiques qui améliorent le bilan carbone des fermes laitières. L’analyse de l’enquête menée par Dorothé Yong Nje et son équipe tiendra compte du fait que les résultats reflètent non seulement l’impact du Laboratoire vivant – Lait carboneutre, mais aussi celui de l’ensemble des initiatives qui vont dans le même sens.

Que plusieurs organisations travaillent sur les mêmes enjeux est d’ailleurs bénéfique : les actions de communication se renforcent mutuellement. Une pratique n’est pas toujours adoptée par un(e) producteur(trice) dès la première fois qu’il(elle) en entend parler, peut-être que le sixième contact sera celui qui déclenchera le passage à l’action.  Les cinq fois précédentes auront cependant été déterminantes pour ouvrir la réflexion ! Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre mise donc sur la collaboration à tous les niveaux pour faire converger les efforts et encourager le plus grand nombre de fermes à s’engager vers la carboneutralité.


Envie d’en savoir plus sur la communication liée à l’adoption de nouvelles pratiques ?

Voici les réponses à plusieurs questions courantes sur le sujet.

Équipe de recherche

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